Les raisons avancées par l'article :
- Rejet du monde occidental ces dernières années
- Prosélytisme d'organisations russes et états-uniennes

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Les raisons avancées par l'article :
La Croix ne mentionnent pas un angle qui les concerne : le travail des institutions religieuses, paticulièrement évangélistes et pentecôtistes. Curieux :)
Au moins ils mentionnent la racine du problème, l'héritage colonial. Beaucoup de pays d'Afrique ont gardé le code pénal de leur colonisateur, qui à l'époque criminalisait très durement l'homosexualité (cf. rapport This alien legacy). Les discours de défense de la "culture africaine" sont souvent des discours de défence de l'héritage colonial plutôt que des cultures traditionnelles, qui elles étaient souvent plus ouvertes à l'homosexualité (cf. Heterosexual Africa? d'Epprecht pour une vision macro, Sexual Inversion among the Azande de Evans-Pritchard pour une vision micro).
D'un point de vue décolonial, on préfère voir ça comme une re-sémantisation postcoloniale : les normes sexuelles coloniales vont être incorpoorées à une politique de résistance symbolique à l'occident. C'est ce que Quijano appelle la "colonialité du pouvoir", l'idée que des matrices normatives coloniales persistent dans l'appareil d'état, que l'hétéropatriarcat est naturalisé comme tradition et réactivé comme mode de souveraineté contre l'occident qui en est pourtant l'originateur.
C'est pour ça que la lutte décoloniale se retrouve paradoxalement à lutter simultanément contre le néocolonialisme occidental, et contre les structures de pouvoir des pays victimes du néocolonialisme, qui sont en réalité un echo temporel du colonialisme originel.
La réponse à ce mouvement de criminalisation passe historiquement par l'internationalisme décolonial, par la mutualisation des moyens de lutte hors des frontières des pays où la répression devient trop forte. Malheureusement, c'est un mode de lutte qui ne se porte pas bien quand le monde glisse dans une nouvelle phase de fascisme et de déstabilisation impérialiste, difficile de monter des réseaux de solidarité internationale quand beaucoup d'activistes doivent dépenser toute leur énergie à la maison. J'en vois beaucoup se résigner à abandonner la lutte de leur pays d'origine ces temps-ci, pour se tourner vers leur propre survie en tant que réfugiés politiques en France. Notre pays, en tant que terre d'asile, ne joue plus son rôle.